Tisser des liens personnels pour mon apprentissage du français

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Prot a écrit un article « Français : une activité personnelle et sociale » sur le fait qu'il écrit beaucoup plus qu'il parle, et j'ai envie de partager ce que j'apprends dans mon propre parcours linguistique.

Mon écriture en français semble globalement être une préparation à la conversation. En écrivant mon journal, je m'habitue aux mots de ma vie quotidienne et aux structures grammaticales simples qui les organisent. En écrivant mes articles sur Emacs, j'espère apprendre des mots techniques et, surtout, trouver le genre de personnes intéressantes pour commencer des conversations en direct, par blogues ou par courriels, ce qui va m'immerger plus profondément dans la langue en utilisant les sujets que j'adore plutôt que de commander au restaurant, de parler de la pluie et du beau temps (malgré les canicules), de bavarder, etc.

J'ai remarqué qu'au cours de mon apprentissage du français, j'apprends aussi à renforcer ma motivation par des liens avec d'autres personnes. Le besoin de faire ça est plus évident dans l'apprentissage d'une langue que, par exemple, dans mon apprentissage d'Emacs, ce qui me semble plus idiosyncrasique, plus isolé. C'est nouveau pour moi. Peut-être que d'autres personnes apprennent des langues juste pour la stimulation mentale ou la capacité de fanfaronner en tant que polyglottes. (Je ne veux pas dire que tu es comme ça.) Quand j'ai appris le japonais avant de travailler comme stagiaire il y a plusieurs années, c'était principalement parce que je voulais survivre à mon stage. =) Maintenant, j'apprécie la progression de ma compréhension du français, mais je sais que mes progrès ne se situent pas dans la taille de mon vocabulaire. C'est principalement dans ma capacité à me connecter aux autres : en amusant ma fille avec des mots français dans nos parties de D&D, en parlant avec mon tuteur et le mois prochain, avec d'autres passionnés d'Emacs, et en correspondant avec des lecteurs et des auditeurs.

J'ai commencé à apprendre le français pour aider ma fille à l'école, car c'est très difficile d'apprendre vraiment une langue seulement dans une classe collective sans sa propre motivation et beaucoup de pratique en dehors de l'école. En ce moment, elle veut ardemment parler avec moi, jouer avec moi, tout faire avec moi. De mon côté, je sais que le temps nous est compté, car il file. Maintenant nous avons un créneau : c'est plus facile pour elle d'apprendre une langue étrangère. C'est peut-être un impératif biologique d'investir dans le bonheur de mon enfant. Si c'est le cas, je suis heureuse d'en profiter.

Mais si je veux l'aider en français, je dois bien apprendre moi-même ou je vais lui transmettre de mauvaises habitudes. Si j'engage un tuteur, je peux développer mes compétences. Je peux aussi montrer à ma fille comment apprendre avec l'aide d'un enseignant et l'importance de l'investissement dans l'apprentissage quand c'est efficace concrètement. (Elle est de temps en temps trop sûre de ses propres compétences.) Je suis très économe par nature, mais en tant que maman, c'est plus facile de payer pour des cours particuliers pour ma fille que pour moi. Si je m'engage à consacrer de l'argent à mon propre apprentissage du français, peut-être que je montre l'exemple en prenant soin de moi au lieu d'oublier mes propres intérêts à cause de la parentalité.

J'ai commencé avec un cours particulier de prononciation parce que c'est un aspect qui est très difficile à travailler toute seule. L'IA peut m'aider avec ma grammaire et expliquer pourquoi mes mots sont maladroits ou sont des anglicismes, mais l'analyse de la prononciation par l'IA n'est pas fiable. Me focaliser sur la prononciation me permet d'améliorer les aspects séparément : la prononciation avant le vocabulaire et la grammaire. Je pense que c'est mieux pour moi de développer une voix intérieure assez juste pour enrichir ma lecture et mon écriture.

Mais la production de mots est aussi importante, donc j'ai aussi commencé mon journal en français. Ici je compte sur le fait de savoir que si je n'écris pas sur ces moments, je vais les oublier presque totalement. Je lie mon journal au fait de prendre soin de mon futur moi et à l'intérêt de ma fille pour les courtes entrées sur elle, qu'elle me demande de lire à voix haute et de les lui traduire. Concernant mes tentatives d'écrire et de parler sur Emacs en français, les encouragements de mes lecteurs et de mes auditeurs sont plus précieux que les faux encouragements de l'IA. Je suis particulièrement ravie de converser via des articles de blog de ce genre, car cela combine la motivation d'échanger des idées avec l'opportunité de bien réfléchir, trouver des mots, et m'exercer à la grammaire.

Bien évidemment, ce n'est pas totalement focalisé sur les gens. J'utilise aussi mon amour pour le bidouillage pour m'aider à surmonter les difficultés. Par exemple, mon cours particulier de conversation en français est difficile pour moi. Je n'aime jamais bavarder. Quand j'étais petite, je préférais accueillir mes amis et écouter leurs conversations, en parlant rarement. Je suis tentée de préparer des questions à poser à mon tuteur, mais je sais que si je ne partage pas mes propres pensées dans le flux de conversation, je ne rentabilise pas mon cours. De temps en temps, quand je me sens un peu intimidée, je me rappelle que ces conversations sont d'excellentes sources de données. Je veux améliorer mon flux de travail pour analyser mes conversations et compter les lemmes pour estimer la taille de mon vocabulaire actif : les mots que je peux vraiment utiliser en temps réel, sans préparation. Je veux aussi identifier des tendances dans le type d'erreurs que je fais. De la même façon, mon écriture en français sert d'excuse pour améliorer ma configuration d'Emacs, ce qui sera peut-être utile pour d'autres personnes.

J'aime la façon dont je peux renforcer mon apprentissage du français par les liens personnels créés avec les gens et l'entrelacement avec mes autres intérêts. On verra bien où ça nous mènera.

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