J'aime faire des erreurs pendant que j'apprends le français
| frenchJe veux répondre à l'article récent de Prot sur l'apprentissage du français en deux parties : sur le fait de profiter des erreurs en apprenant et sur la motivation liée aux connexions.
Je me suis rendu compte qu'apprendre à faire de meilleures erreurs est une des raisons pour lesquelles j'aime l'apprentissage d'une langue étrangère. J'ai commencé à apprendre le français parce que ma fille a commencé à l'apprendre à l'école. Dans ce domaine, nous nous ressemblons assez. J'ai plus de motivation et de compréhension de mon processus d'apprentissage, et elle a la neuroplasticité d'un cerveau plus jeune. Donc, c'est une bonne occasion pour moi de montrer comment apprendre une chose difficile. Elle voit que j'utilise les cartes mémoire, elle lit parfois mon journal, elle me rejoint occasionnellement à mes séances avec mon tuteur. Elle voit que je travaille sur le sujet, mais elle voit aussi que nous le transformons en un jeu. Nous parlons du système de répétition espacée et de l'efficacité des moyens mnémotechniques, tels que les images vivantes et les phrases personnelles. Ses expériences et celles de ses camarades nous donnent des occasions de parler de l'effet Dunning-Kruger, de la surconfiance du débutant et de la vallée du désespoir par laquelle on doit passer. (Ce n'est pas si décourageant si on le connaît.) Pendant notre dîner, je partage mon plaisir en essayant des challenges comme mes entretiens d'Emacs Chat en français ou en écrivant des articles techniques. Les détails ne sont pas importants. Ce qui importe, c'est la joie d'apprendre, qui manque à l'école.
Pour ma fille en ce moment, l'apprentissage autodidacte sera peut-être plus important que l'éducation systémique. Donc il faut apprendre comment être guidé par les désirs, par les expériences et par les résultats. Notre cerveau a tendance à tomber profondément dans un nouveau loisir. C'est possible de l'enrichir en le liant à d'autres motivations. Un point de vue expérimental réduit la peur. Les erreurs et les remarques ne sont que des données.
Du coup, ma fille et moi approchons le français comme ça :
- C'est une matière obligatoire à l'école.
- Le cours collectif à l'école ne sera probablement pas efficace, selon l'expérience d'autres étudiants.
- Nous pouvons nous amuser en contournant les limitations du système. C'est un acte de résistance.
- Je vais l'aborder comme un laboratoire d'apprentissage, et elle est la bienvenue pour venir jouer avec moi.
Cette approche suffit pour ma fille en ce moment. Forcément, il y a des réflexions dont je ne parle pas avec elle (parce qu'elle va regarder Pokémon; elle est une enfant après tout). Ça me plaît de les explorer, et je les partage au cas où il y aurait quelque chose d'utile pour d'autres étudiants. :)
Désir : Dans mes intérêts, je suis fortement motivée par les connexions personnelles comme avec ma fille ou avec mon mari. Donc pendant qu'elle relit la série de bandes dessinées des Royaumes de Feu en anglais, je lis la même série en français. (Un jour, elle me dira « Arrête, maman ! Trouve ton propre intérêt ! » Jusqu'à ce moment-là, je la suis. Maintenant, elle partage constamment ses morceaux préférés dans les livres avec moi.) J'aime bien mes séances avec mon tuteur. J'apprécie vraiment les conversations d'Emacs Chat et les commentaires sur mes articles et mes vidéos. J'aime bien aussi les échanges de blogs et de vidéos avec Prot en français, et j'ai hâte de me connecter aux autres. En plus, je pense que les améliorations à mon flux de travail (particulièrement sur Emacs) peuvent servir à d'autres personnes qui apprennent une langue étrangère : plus directement s'ils apprennent aussi le français, mais même s'ils apprennent l'anglais ou d'autres langues. Les idées peuvent être utiles. Si je peux ancrer cet intérêt dans plus de connexions personnelles, il peut durer. Par conséquent, une grande partie de mon travail est de renforcer le désir d'apprendre, et mon désir d'apprécier, de me connecter, et d'aider d'autres personnes m'aide pour cela. Si un jour j'ai un rapport convivial avec des personnes, que ce soit en anglais ou en français, ce sera génial. Je pourrai coopérer avec d'autres étudiants de français pour nous améliorer ensemble, ou peut-être arriver à un niveau suffisant où des francophones seront plus à l'aise pour parler avec moi sur Emacs en échangeant mutuellement des connaissances.
Les expériences que j'adore :
- Mon journal
- Mes articles
- Mes améliorations à mon flux de travail
- Mes séances de prononciation
- Mes séances de conversation
- Mes diffusions en direct
Des expériences que je considère pour mes prochaines étapes :
- Lire mes articles ou mon journal à voix haute, peut-être avec l'analyse de prononciation par l'IA pour identifier les phrases à peaufiner avec mon tuteur ?
- Regarder des émissions sans sous-titres
- Dicter à mon téléphone
- Essayer d'autres tuteurs en plus de celui que j'ai déjà ; je peux consacrer le même budget que celui que j'ai mis à côté pour les activités extrascolaires de ma fille
- Participer aux échanges de langue ou de connaissances : Avec des utilisateurs d'Emacs ? Avec les francophones natifs qui veulent améliorer leur niveau d'anglais ? Avec d'autres étudiants de français ? Je me demande comment profiter d'un temps un peu plus libre et prévisible une fois que ma fille s'habitue à l'école virtuelle. Quelqu'un veut me rejoindre pour des conversations privées ou publiques ?
Même si je vis de mes économies, je suis heureuse de consacrer un peu d'argent pour engager des tuteurs et soutenir de belles personnes. C'est un petit acte de résistance contre l'hyper-médiatisation de l'IA.
Les résultats, ce qui inclut les erreurs : Ma fille et moi avons parlé de nombreuses fois de l'importance de la gestion des erreurs pour mieux apprendre. Une partie de l'apprentissage est de sélectionner un bon niveau de travail. Trop facile, c'est ennuyeux. Trop dur, ça ne marche pas. Si on a un bon enseignant, il peut nous aider à choisir un bon niveau. Si on apprend soi-même, on doit calibrer son approche. Les erreurs sont les guides.
Il y a des sujets où on doit procéder très lentement pour éviter d'ancrer des erreurs, comme la musique ou les mathématiques. Ils demandent de la précision. Quand je travaille au piano, je ne dois pas me dépêcher, ou je ne fais que trébucher. D'abord la précision, puis la vitesse.
Je pense que l'apprentissage de la langue n'est pas exactement comme ça. On doit oser plus qu'on ne peut atteindre. Oui, c'est important d'éviter d'ancrer de mauvaises habitudes de prononciation ou d'expression, mais c'est plus important d'éviter d'être paralysé par la peur de faire des erreurs. Donc, c'est utile d'avoir beaucoup d'occasions de le pratiquer dans un contexte sécurisé, comme l'écriture ou mes conversations avec mon tuteur. L'écriture me donne l'opportunité d'identifier les erreurs de genre et de conjugaison, et de pratiquer des moyens mnémotechniques. Par exemple, le livre « Fluent Forever » conseille d'imaginer quelque chose exploser s'il est au masculin ou brûler s'il est au féminin. Les calques et les mots maladroits m'aident à apprendre davantage d'expressions natives et à savourer les différences entre les langues. C'est aussi utile d'agrandir graduellement ma zone de confort, comme dans mes conversations et mes diffusions en direct.
De mon côté, je sais que c'est mieux si je me focalise juste sur l'étape devant moi au lieu de m'inspirer de grands rêves. Petit à petit, seulement pour le plaisir actuel. J'ai l'immense privilège d'être détendue. En sachant que mon intérêt peut passer à d'autres sujets à un moment donné, j'essaie de partager des ressources en chemin. (Ça pourrait durer; je garde mon intérêt pour Emacs très longtemps.) Où se retrouvera-t-on ? Je ne sais pas, mais ce sera peut-être une bonne aventure. Voulez-vous me rejoindre ?